1 - Maturité sexuelle, mise à la reproduction
L’âge de la maturité sexuelle diffère peu entre le mâle et la femelle ;
mâle 180 à 210 jours
femelle 150 à 240 jours
donc une moyenne de 3 à 4 mois. Cependant, il ne faut pas les faire reproduire si tôt.
Parce que c’est épuisant, mais aussi parce que ça peut entraîner des graves déformations chez ces jeunes femelles qui n’ont pas encore finit de grandir, il convient d’attendre le 7iéme ou même le 8ième mois avant de faire faire une première portée.
On attendra pour sa part que le mâle ait au moins 6 mois.
Lorsque l’on achète un couple, il faut absolument anticiper cette maturité afin de ne pas avoir de saillie trop précoce. Cela implique à ce moment là d’en avoir conscience, de connaître l’âge exact des deux lapins et de prévoir deux cages afin d’attendre le moment idéal pour cet événement.
La fertilité du mâle commence à diminuer vers l’âge de 4 ans.
Il est préférable que la femelle ne soit pas non plus trop vieille, c’est à dire qu’elle ait moins de 5 ans, en tout cas pour sa première portée. Elle ne doit pas non plus être trop grasse. Toujours pour sa santé, il faut se limiter à 2 portées par an.
Attention : Il n’y a pas de ménopause chez les lapines. Il y a éventuellement une simple baisse de sa fertilité.
2 - Cycle sexuel
Normalement, c’est la vie de l’ovule (cellule reproductrice femelle) qui gère ce que nous appelons le cycle ovarien : il naît, grandit, mûrît, quitte l’ovaire pour aller vers l’utérus puis meurt ou est fécondé.
Parallèlement, la femelle ne s’intéresse pas au mâle. Par la suite, elle l’attire mais refuse encore l’accouplement. Puis finalement, elle accepte la saillie au moment où l’ovule est bien mûr et où il y a donc l’ovulation.
Chez la lapine, la différence tient au fait que l’ovulation ne se fait pas d’elle même mais nécessite une stimulation : il doit y avoir saillie pour que la femelle ovule.
On ne parle plus alors de cycle ovarien mais de cycle comportemental.
A contrario, cela ne veut pas dire non plus que la femelle reste “en chaleurs” (acceptant le mâle) tant qu’elle n’a pas été couverte. Une large discussion entoure ce sujet mais il semble que tout le monde soit d’accord sur un point, l’ovule finit par dégénérer (reste à savoir comment pour les scientifiques... ).
La période où la femelle accepte le mâle est appelée période de réceptivité. Il y en a plusieurs tout au long de l’année. En théorie, vous trouverez toujours quelques jours dans le mois durant lesquels vous pourrez présentez un lapin à sa dulcinée.
Cependant vous aurez plus de chances entre janvier et juillet, période où les jours rallongent. Les périodes de réceptivité durent 4 à 6 jours et sont espacées de 10 à 15 jours. Cette période de repos augmente les jours courts (donc d’août à décembre) et peut dépasser le mois.
En résumé :
saison de reproduction : toute l’année mais surtout de janvier à juillet ;
cycle sexuel : cycle comportemental avec une alternance de période de repos de 10 à 15 jours et de période de réceptivité de 4 à 6 jours.
3 - Saillie A - le moment
Il faudra tout d’abord déterminer à quel moment la femelle est “réceptive”.
Physiquement, la seule modification se situe au niveau de la vulve. Cette dernière est gonflée et de coloration plus foncée que d’habitude, quasiment rouge.
Attention : Contrairement à la chienne par exemple, la lapine ne fait à aucun moment de goutte de sang. Si tel est le cas, il faut rapidement l’amener chez un vétérinaire.
Son comportement change également. Elle est beaucoup plus agitée et des caresses sur le bas du dos l’incitent à relever la queue et les fesses, comme quand elle montre au mâle qu’elle est d’accord.
3 - Saillie B - le lieu
C’est la femelle qui doit être amenée au mâle.
Si vous faites l’inverse, le mâle passera plus de temps à marquer son nouveau territoire avant de s’occuper de sa promise et la femelle lui fera un accueil plus que glacial et hostile.
Vous pouvez les mettre dans la cage ou, si le mâle à l’habitude de sortir dans une pièce, dans celle ci où ils auront plus de place pour faire connaissance. Le principal c’est que le mâle se trouve dans un endroit bien connu et par conséquence déjà marqué de son odeur.
3 - Saillie C - le déroulement
Les deux lapins se livrent d’abord à une mini course poursuite, en décrivant des cercles. C’est le plus souvent le mâle qui tourne autour d’elle. Il peut s’arrêter un bref instant en lui montrant ses fesses. Il relève alors la queue et produit des phéromones pour bien lui dire que c’est le moment. Il peut même lui uriner dessus...
La femelle tourne brièvement et se met dans la position de l’acceptation, la croupe et la queue relevées.
Il se peut également que vous assistiez à de brefs moments de tendresse où chacun lèche le museau de l’autre, en se serrant très fort...
Mais le romantisme ne dure pas et la saillie intervient rapidement. Cela ne dure que quelques secondes mais c’est amplement suffisant. L’ovulation étant provoquée par la saillie, la première fois est la bonne. Il n’est pas nécessaire de renouveler l’opération plusieurs jours de suite. Chacun peut rentrer chez soi.
Attention : Une lapine qui attend des petits acceptent le mâle jusqu’à la deuxième moitié de sa gestation.
3 - Saillie D - le problème
Si la femelle n’est pas encore en période de réceptivité, elle va vite le faire comprendre au mâle. Elle va au mieux l’ignorer, au pire le mordre s’il se montre trop insistant. Vous avez mal choisi votre moment.
4 - Gestation A - le déroulement
Il ne se passe pas grand chose pendant cette période qui dure de 30 à 32 jours. La femelle prend du poids, mange plus mais n’a pas d’activité particulière pendant les deux premiers tiers de la gestation.
Le comportement change radicalement 10 jours avant la mise bas. Elle se met à chercher l’endroit où elle va faire son nid. C’est une période de grande excitation, de grand déménagement et souvent d’oubli de se nourrir tellement elle est occupée. Une fois qu’elle l’aura trouvé, elle va creuser profondément, y enfouir du foin et un à deux jours avant la mise bas, s’arracher les poils du ventre afin de le rendre chaud et moelleux (ce qui a aussi pour avantage de dégager les mamelles pour les petits).
4 - Gestation B - les préparatifs
La lapine de compagnie choisi le plus souvent sa maison pour y faire son nid. Je vous conseille de faire en sorte que celle-ci ait un toit amovible, de manière à pouvoir le soulever régulièrement afin de contrôler la femelle et sa portée sans avoir à les toucher.
La litière de la cage ne doit pas être changer les jours précédant et suivant la mise bas. A vous de prévoir à ne pas trop la déranger ces fameux dix derniers jours avant la naissance.
La cage doit être grande et la maison spacieuse (deux fois la taille de la femelle de préférence). Il ne faut pas oublier que cette dernière va accueillir des nouveaux nés qui vont grandir pendant plusieurs semaines sans en sortir. La maman doit aussi pouvoir se reposer loin d’eux et au calme.
Attention : Si vous avez le couple, il faut les séparer dès la saillie effectuée car le mâle peut continuer à la monter et de ce fait, considérablement la fatiguer et la rendre nerveuse. Une femelle trop oppressée pendant la gestation est capable de manger sa portée tout entière dès la naissance.
5 - Mise bas A - le déroulement
Elle a souvent lieu au petit matin et ne dure que quelques heures. Chaque petit met une dizaine de minutes à sortir, sous l’effet d’une unique contraction de la mère (qui est en position tout comme pour faire ses besoins). Elle le tire, coupe le cordon et mange le placenta qui suit immédiatement le petit. Elle le lèche pour le stimuler et commence à le faire téter. Plusieurs dizaines de minutes peuvent s’écouler avant que le deuxième n’arrive.
Il ne faut pas cherchez à y assister. Quand la date approche, regardez juste au matin si elle les a fait ou non.
Les lapereaux naissent nus et les yeux fermés... de vraies petites larves. C’est une espèce nidicole. Il y en a environ 2 à 4 par portées (pour les races naines).
Une fois que la portée est au complet et la première tétée terminée, la femelle “referme” le nid avec du foin et des poils supplémentaires.
5 - Mise bas B - l’alerte
La femelle est en position mais rien ne sort depuis longtemps et elle pousse même des petits cris plaintifs. Un petit est certainement coincé dans le bassin parce qu’il est trop gros où se présente mal.
Il faut l’amener d’urgence chez un vétérinaire qui prendra la décision ou non selon le cas de pratiquer une césarienne.
C’est heureusement relativement rare dans cette espèce. C’est plus fréquent chez le cobaye ou le chinchilla.
En aucun cas la gestation ne doit dépasser les 32 jours. Si c’est le cas et que la lapine ne montre aucun signe d’une mise bas, il faut la faire examiner par votre vétérinaire.
6 - Allaitement A - le déroulement
La lapine ne reste pas 24h/24 dans le nid. Elle a de longues périodes de repos où elle mange, boit et dort. Elle n’y va qu’une à deux fois par jours.
Par le toit de la maison, vous pouvez contrôler la vivacité et le gain de poids des petits. Évitez cependant de le faire pendant que la femelle s’y trouve. En aucun cas vous ne devez les toucher, sauf pour retirer un petit décédé ou très mal en point.
6 - Allaitement B - le cannibalisme
Il n’est malheureusement pas rare dans cette espèce et affecte majoritairement la première portée. Les différentes causes sont :
- une mère trop jeune,
- une cage mal adaptée, trop petite et sans maison,
- une litière trop sale (dont on n’a pas anticipé le changement avant la mise bas),
- un manque d’eau ou de nourriture.
Mais essentiellement, c’est aussi une mère stressée, trop souvent dérangée et comble de la catastrophe, dont on aurait touché les petits trop précocement.
6 - Allaitement C - l’évolution
5 jours : apparition du duvet
10 jours : ouverture des yeux
15 jours : première sortie du nid
30 jours: sevrage des lapereaux
Attention : Il est donc impératif d’attendre au moins cette première sortie spontanée du nid avant de les toucher. Concrètement, vous pouvez le faire sans risque à partir de la troisième semaine.
L’âge de séparation idéal des petits est de 7 semaines. Le sevrage naturel est souvent plus tardif mais fatigue plus la femelle.